Michel Bottaro Le Chant des sirènes, réflexion sur l’hybridation

article de jacques GAUCHER (29octobre 2016)

Michel BOTTARO Le Chant des sirènes, réflexion sur l’hybridation (éditions édilivre, 17,50€)

Pour notre conférence débat avec Michel BOTTARO

Mardi 15 novembre 2016, 19h, à la fédération des œuvres laïques, 3 av de la Plaine

Le sujet, passionnant, nous plonge, non dans l’avenir, mais dans une réalité présente en construction. Venez nombreux à cette conférence et parlez en à vos amis.

Michel BOTTARO est agrégé de philosophie. Il a déjà publié « Tribulations d’un paradigme, en 2008,  aux éditions Edilivre.

 Le thème de sa conférence  se trouve dans  son ouvrage : « Le chant des sirènes ; réflexion sur l’hybridation. »

Présentation

Si les mythologies de l’Antiquité abondent de créatures hybrides, c’est essentiellement pour marquer, dans l’imaginaire collectif, une frontière avec le surhumain ou la monstrueux. Cette frontière s’efface aujourd’hui insidieusement sous l’effet des mutations provoquées par les nouvelles technologies et cela menace l’invention capitale de la modernité : l’individu sujet.

A travers le rapport aux images, au corps ou à l’altérité se dessine une nouvelle incarnation de l’humain, une humanité hybride. Cette hybridation inaugure-t-elle un nouveau type de subjectivité, une subjectivité plurielle et émancipée ? ou au contraire annonce-t-elle une régression vers l’informe ou le chaos ?

La personne, l’individu, le sujet, ces notions familières qui dessinent, à nos yeux, les frontières de l’humain dans sa singularité, nous semblent naturelles et pérennes.

Pourtant, cette représentation de l’homme individué est une construction de la modernité : pendant la plus longue période de son histoire, l’humanité ne s’est pas reconnue dans l’individu mais dans la communauté, dans l’appartenance au groupe. Et cette nouvelle représentation, par laquelle  l’homme est tout à la fois un sujet et une personne, vieille de quelques siècles seulement, est aujourd’hui insidieusement minée par des transformations multiples dans des domaines aussi divers que le rapport au corps, aux images, et plus simplement aux autres. Il s’agit là de mutations provoquées par le développement fascinant des technologies de pointe. Nombreux sont d’ailleurs ceux qui cherchent à déchiffrer le sens de cette révolution, et qui portent leur questionnement sur une éventuelle post-humanité. Indéniablement, la succession des crises qui affectent le monde contemporain nous indique que nous parvenons au terme d’une civilisation et que l’avenir, proche  ou lointain, est gros de potentialités dont il est bien difficile de déterminer avec précision quel nouveau régime de vie il nous promet.

L’art numérique modifie radicalement le rapport entre artistes et publics, les biotechnologies permettent un remodelage du corps et du vivant, les communautés virtuelles et les réseaux inaugurent une nouvelle forme d’intersubjectivité. Ces pratiques innovantes, étrangères les unes aux autres ont pourtant un dénominateur commun de par leur congruence, ce qui m’amène à l’hypothèse suivante : la figure traditionnelle de l’individu-sujet s’estompe au profit de l’émergence d’une humanité hybride.

Encore faut-il s’entendre sur cette notion d’hybridation : mélange de matériaux hétérogènes, mais mélange contenant une dimension de violence et de transgression d’un ordre établi, d’une loi fondamentale ou d’un principe considéré comme inviolable. Si les mythologies de l’antiquité abondent de créatures hybrides, c’est essentiellement pour marquer, dans l’imaginaire collectif, une frontière avec le surhumain ou le monstrueux. Cette frontière est peut-être en train de s’effacer sous les coups de boutoir des nouvelles technologies et cet effacement est lourd d’ambiguïtés. L’incarnation de l’humain dans cette existence hybride inaugure-t-elle un nouveau type de subjectivité, une subjectivité plurielle et émancipée ? Ou au contraire amorce-t-elle une  régression vers l’informe et le chaos ?

transhuma

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