L’imaginaire de la Révolution Française

Le Cercle CONDORCET ANNECY-PAYS de SAVOIE

En partenariat avec BONLIEU SCENE NATIONALE,

Théâtre d’ANNECY

Et en lien avec le spectacle de Joël POMMERAT :

« ça ira (1) fin de Louis »

Après les 3 représentations : Mardi 9, mercredi 10 février, jeudi 11 février à 19h.

Vous invite à un   Débat citoyen :

De la Révolution à la République

Perception actuelle de la Révolution française dans l’imaginaire républicain.

Le Vendredi 12 février 2016, à 18h30

dans la « petite salle » de BONLIEU

Entré gratuite, mais prendre un billet à la billetterie,

si possible à l’avance.

Ce débat est ouvert à tous dans la limite des places disponibles,

qu’ils aient vu ou non le spectacle.

II reste encore des places pour le spectacle. Se renseigner à la billetterie.

 Citoyennes, citoyens, exprimez-vous, sur la Révolution, la République, la démocratie,….

Echanges avec l’auditoire sur ce qui reste de la Révolution française,

Afin d’éclairer les enjeux actuels sur l’évolution de la République et de la démocratie.

Avec la participation de Mme Irène FAVIER

Maître de conférences à l’université Grenoble Alpes, Irène Favier enseigne l’histoire contemporaine française et latino-américaine. De ses premiers travaux consacrés au monde du travail français, elle a publié L’usine, théâtre du pouvoir, aux presses universitaires de Tours.

 Pas de conférence préalable, mais un débat avec une introduction de chaque « mot clé » avant de donner la parole au public

Quelques « mots clés », traités en fonction du temps disponible :

  • Le drapeau tricolore
  • Marianne ; Bonnet phrygien ; Marseillaise,
  • Le 14 juillet, fête nationale
  • Liberté, égalité, fraternité, laïcité, sécurité…
  • République et démocratie….
  • Les Déclarations des droits de l’homme et du citoyen

Pour en savoir plus sur le cercle CONDORCET et sur ce débat

Pour nous contacter : cerclecondorcet@fol74.org

 

 

 

Les 7 laïcités françaises de Jean Baubérot

Aux Editions des Sciences de l’Homme

12 €uros     isbn 978-2-7351-1985-1

Jbauberot

Jean Baubérot, né le 26 juillet 1941 à Châteauponsac (Haute-Vienne), est un historien et sociologue français, professeur émérite spécialiste de la sociologie des religions et fondateur de la sociologie de la laïcité.

Après avoir occupé la chaire d’« Histoire et sociologie du protestantisme » de 1978 à 1990, il crée et devient titulaire de la chaire d’« Histoire et sociologie de la laïcité » de 1991 à 2007 à l’École pratique des hautes études dont il est le président d’honneur et professeur émérite. Il a écrit vingt-sept ouvrages, dont un roman historique, et a dirigé six livres collectifs. Il est le coauteur d’une Déclaration internationale sur la laïcité signée par 250 universitaires de 30 pays.

Le Livre : L’auteur nous explique qu’il n’existe pas de modèle français de laïcité mais des visions divergentes qui s’affrontent dans un rapport de forces toujours évolutifs. La loi de 1905 a représenté un enjeu entre 4 conceptions différentes de la laïcité alors que 3 nouvelles ont apparu.

laïcité antireligieuse, gallicane, séparatiste stricte, séparatiste inclusive, ouverte, identitaire et concordataire.

Actuellement la conception de la laïcité identitaire est de plus en plus présente dans le discours de la droite et de l’extrême droite.


Extrait de l’interview de Jean Baubérot par Pascal Boniface sur le site de l’Iris.

Vous attendez-vous à ce que la laïcité soit un enjeu de l’élection présidentielle de 2017. Si oui, de quelle manière ?

On voit bien que les différentes conceptions de la laïcité constituent des lignes de clivages au sein même de la droite comme de la gauche. On va les retrouver lors de la campagne électorale de 2017. Avec cependant une différence. À droite, on est assez au clair sur la représentation de la laïcité qu’on entend promouvoir. Nicolas Sarkozy dispute à Marine Le Pen une laïcité identitaire, à double discours suivant que le catholicisme ou l’islam se trouvent en jeu. Alain Juppé refuse clairement cette laïcité-là, comme une source de division entre Français. À gauche, la situation est plus floue. Certes, l’Observatoire de la laïcité se situe dans la filiation de la loi de 1905, mais le discours de Manuel Valls est très ambigu, de même de celui qui se veut le « Monsieur laïcité » du PS : Jean Glavany. On a l’impression que, souvent, ils se situent dans l’optique d’une laïcité gallicane. Et, chez Valls, il existe même parfois quelques tentations de laïcité identitaire. Quant à Hollande, il semble s’engager le moins possible sur le sujet.

Bref il manque une clarification. J’ai voulu, comme chercheur, contribué à l’opérer en proposant une perspective de sociologie de la laïcité qui en décrypte les différentes représentations et analyse leurs différents rapports aux objectifs et aux moyens de la laïcité. Dans mes deux chapitres conclusifs, je dresse un panorama de l’évolution socio-historique de la laïcité, avec également un aspect prospectif. J’ai écrit ce livre en présentant la laïcité française à des auditeurs de nombreux pays, et j’ai bénéficié de leurs remarques, notamment de celles des Japonais. Cet aspect contribue à l’originalité de l’ouvrage.

9 décembre 2015 La Laïcité, conférence de J.M.Ducomte

Compte rendu de la conférence de Jean Michel DUCOMTE,

président de la ligue de l’enseignement

organisée   par le Cercle Condorcet d’Annecy-Pays de Savoie

le mercredi 9 décembre 2015.

« Laïcité et vivre ensemble : une réponse ou un obstacle pour faire société

Jacques Gaucher président du Cercle Condorcet remercie le public venu nombreux pour cette première conférence. Il remercie l’IUT d’Annecy le Vieux, la Fédération des Œuvres Laïques 74, et les DDEN du bassin d’Annecy. Il présente rapidement Jean Michel DUCOMTE avocat, professeur à Sciences Po Toulouse. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages sur la Laïcité et un dernier sur Jean Macé fondateur de la ligue de l’enseignement en 1866. (Bibliographie en annexe)

Jean Michel DUCOMTE remercie de l’accueil et déclare que compte tenu de l’actualité récente le thème de la soirée lui confère une portée particulière. Les attentats du 13 novembre mais aussi ce qui s’est joué dimanche dernier lors du premier tour des élections régionales soulèvent aussi des questions en rapport avec la laïcité.

  1. DUCOMTE : je commencerai par un premier rappel étymologique du mot laïcité. Il y a deux écoles, chacune inductrice d’une doctrine de la Laïcité, ceux qui lui voit une étymologie latine Laicus, le laïc serait le non religieux, celui qui n’a pas prononcé de vœux, un acteur de la société civile aujourd’hui. Ce n’est pas celle que je retiendrai, je préfère la racine grecque, il y a trois termes pour définir le peuple, il y a le démos, le peuple de la démocratie celui qui se réunit sur l’Agora pour délibérer, en clair 10 % de la population à Athènes, il y a l’ethnos, c’est le peuple dans sa dimension identitaire. C’est, les Lacédémoniens face aux Athéniens, au peuple de Thèbes, aux Béotiens, c’est le peuple dans son identité, qualifions là de culturelle.   Il y a enfin un troisième terme qu’on connait moins c’est le laos, c’est le peuple dans son indifférenciation, dans la totalité de ses composantes. On peut admettre qu’à Athènes les femmes, les métèques, les esclaves aussi en faisaient partie. J’ai tendance à considérer que la Laïcité c’est ce qui permet au laos, au peuple dans son indifférenciation de fonctionner de manière pacifiée.

Au-delà de l’étymologie de quoi parle-t-on lorsque l’on parle de laïcité, on parle d’une des composantes de l’identité républicaine française, c’est un des pistons du moteur à quatre temps de la République Française. Vous avez lu (dans le diaporama) les termes de l’article premier de la constitution de 1958 qui nous dit que la République est indivisible, démocratique, laïque et sociale. Mais cette référence n’est pas suffisante car la laïcité que nous connaissons c’est d’abord le produit de l’histoire, une histoire à l’égard de laquelle il faut avoir une certaine modestie et j’évacuerai tout de suite un certain nombre d’idées reçues. La première c’est qu’il y aurait un modèle laïc français ; il y aurait une exception française. J’espère qu’il n’y a pas d’exception laïque française car cela voudrait dire qu’il y a une règle laïque. Il n’y a pas non plus de modèle laïc français car j’ai eu l’occasion de travailler sur la question de la géopolitique de la laïcité, je me suis rendu compte dans certains univers géopolitiques différents il y avait des débats qui avaient à voir avec la question laïc. Donc pas de prétention particulière qui ferait que nous serions détenteur d’une sorte de mètre étalon de la laïcité et que nous devrions présenter comme un modèle à accepter adopter par l’ensemble des autres sociétés.

La République laïc n’a pas toujours été exemplaire dans ses rapports avec l’extérieur : je pense en particulier à la République aux colonies, la République coloniale qui la main sur le cœur était laïque mais qui avait un comportement qui était aux antipodes de la Laïcité.

En France, il y a une antériorité laïque propre à notre histoire.

Je vais me limiter à quelques dates importantes, on pourrait remonter très avant dans le temps à l’esprit de la Renaissance, l’esprit des Lumières ; mais pour le dire rapidement, le véritable acte de naissance, sur le terrain du droit, de ce qu’est la laïcité telle qu’elle s’est développé en France, c’est la Révolution de 1789 et plus précisément le 26 août 1789 lors de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. J’ai coutume de déclarer que l’acte de naissance c’est l’article premier « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit, véritable révolution, véritable changement de paradigme sociale. Jusque-là on était selon ce qu’appellent les sociologues une société holiste (le tout social est supérieur à la somme des parties ; il influence et conditionne significativement le comportement ou le fonctionnement des parties). Une société où chacun était par acte de naissance assigné à un statut qu’il ne pouvait pas changer A partir de la révolution de 1789, on est en présence d’une société d’individus, ou chacun en principe est libre de sa détermination. Il y faudra du temps mais chacun est titulaire d’une autonomie de sa volonté, chacun est capable de rentrer en relation libre avec d’autres individus pour construire des relations de droits. C’est l’affirmation d’une égale dignité de chacune des composantes de la société. Cela conduit à marginaliser les éléments qui sont constructeurs        d’appartenance. D’ailleurs la déclaration est très claire la dessus, car elle pose le principe de la liberté de conscience et de la liberté d’expression des opinions et même des expressions religieuses. La seule limite, c’est l’ordre public, que cette liberté ne soit pas de nature à rompre le pacte social, à remettre en cause le pacte civique. La Révolution ne se limite pas à l’affirmation de ses nouveaux fondements de la société. Elle tire des conséquences de cette mise à distance de l’assignation religieuse, cela prend la forme de la fin de la légitimation religieuse qui était la caractéristique de l’Ancien Régime. Cela prend aussi la forme de la légitimation religieuse du pouvoir d’état. La souveraineté réside principalement dans la Nation, et non plus dans une prédestination divine. Le statut des personnes se déprend de toute référence religieuse, par exemple : le mariage est un contrat. Et comme tout contrat, on peut le rompre librement par le biais du divorce.

Au-delà de la fin du pouvoir légitimé par la religion, la Révolution va se préoccuper d’une question un peu urticante, parce qu’il y a quand même une église dominante au pouvoir quasi exclusif qui a été l’instance de légitimation du pouvoir politique jusqu’en 1789. On en fait quoi de cette église ? Je ne parle pas de la Religion, je parle de l’Eglise, de l’institution. On va essayer d’établir des relations nouvelles, entre le nouveau pouvoir et cette Eglise au travers de la constitution civile du clergé. A mon sens c’est une erreur, dans l’état d’esprit du moment, parce que la France de 1789 est une France qui change mais c’est une France qui reste principalement une France catholique. Un certain nombre de nos prédécesseurs comprennent mal ce qui se joue au travers de la réorganisation des relations entre l’Eglise catholique et l’état, au travers de la constitution civile du clergé. Et des tensions vont naître, de nature politiques qui vont aboutir à un deuxième conflit religieux, après les guerres de religion, telles les guerres de Vendée en particulier, et qui vont aboutir au choix par Bonaparte de conclure un Concordat avec le Vatican. Avec une arrière-pensée d’ailleurs très claire : il avait une formule que je trouve assez significative de son état de pensée. Il disait : « Qui paie tient ! » Donc on les paie on les tient on va financer les édifices du culte, les ministres du culte, mais à partir du moment où on les finance, on les contrôle, on procède à leur nomination double décision celle du pouvoir civil et celle du pouvoir pontifical qui leur confère l’investiture canonique. On peut considérer que le Concordat a mis un terme à une première ébullition laïque pendant la période révolutionnaire mais cela ne signifie pas que la question profonde de la Laïcité ait été évacuée simplement par la réorganisation des relations entre l’Etat et les églises qui sont au nombre de quatre, l’église catholique, les deux cultes protestants et la religion juive.

La conférence complète est à demander par mail à  : cerclecondorcetannecy@fol74.org

 

Nos Objectifs.

Notre projet, simple mais ambitieux

  • Ne pas subir passivement, chasser la résignation, faire renaitre l’espoir
  • Comprendre, accompagner, anticiper les mutations qui ébranlent la société
  • Confronter les points de vue, secouer les torpeurs
  • Former continuellement son esprit critique
  • Combattre la désinformation
  • Réfléchir et participer au débat public, en citoyen humaniste, sans doctrine préalable, programme ou approche politicienne.

Activités possibles du cercle Condorcet d’Annecy

  • Des échanges d’informations, de documents, de notes de lecture
  • Des rencontres autour d’un thème de réflexion
  • Des conférences avec des intervenants reconnus dans leur domaine

 

Nous ne désirons pas que les hommes pensent comme nous mais qu’ils apprennent à penser d’après eux-mêmes.