La Prospérité du vice Daniel COHEN

La Prospérité du vice (2009) Le livre de poche 7,30 €

Une introduction (inquiète) à l’économie.Daniel COHEN

Daniel Cohen est professeur d’économie à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm (section mathématiques), vice-président de l’École d’économie de Paris, dont il a été l’un des membres fondateurs, et directeur du Centre pour la recherche économique et ses applications (CEPREMAP). Il fut notamment membre du Conseil d’analyse économique (CAE) auprès du Premier ministre entre 2010 et 2012.         Il est professeur à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Daniel Cohen se définit comme un « économiste pragmatique ». Éditorialiste au Monde. Il est président du conseil scientifique de la Fondation Jean-Jaurès. Il soutient Benoit Hamon à la présidentielle de 2017.

Autre ouvrage récent : « Homo Economicus », prophète (égaré) des temps nouveaux (2012, le livre de poche, 7,10€). Dans cet ouvrage, Daniel Cohen plaide pour un rééquilibrage de la coopération sur la compétition.

Mon analyse
Si vous cherchez à comprendre le monde d’aujourd’hui, sans être un spécialiste de « sciences économiques » ce livre est pour vous.  Il se lit comme un roman, avec en plus de l’érudition et beaucoup de pédagogie. Daniel Cohen est clair et concis, avec un gout particulier des formules percutantes. C’est une introduction passionnante et facile d’accès à l’économie.
Ce livre est un voyage à travers le temps et l’espace, dans une quête permanente de l’humanité pour survivre puis transformer le monde. L’ouvrage débute par la question suivante : comment l’Occident, qui a arraché l’humanité au règne de la faim et de la misère, a-t-il pu finir sa course dans le suicide collectif des deux guerres mondiales ? Quel est le vice caché qui a anéanti l’Europe ? Cette question est toujours d’actualité. Le monde d’aujourd’hui s’occidentalise à vive allure : les tragédies européennes pourraient-elles se répéter, en Asie ou ailleurs ? La planète pourrait-elle éviter un nouveau désastre, écologique cette fois ? Les crises financières nous le rappellent, le capitalisme, non régulé, est instable et ne sait où il va, ni où il entraîne le monde.

Daniel Cohen fait beaucoup plus que reprendre les vieux poncifs des cours d’économie, il fournit des informations capitales mais souvent méconnues sur l’histoire économique comparée des grandes civilisations. Mais surtout il apporte des analyses, des réflexions souvent originales sur l’histoire et les sciences économiques en se basant sur les dernières études des meilleurs historiens et économistes anglo-saxons et l’apport des grands théoriciens : Malthus, Smith, Keynes. Ce livre n’est donc pas un simple catalogue de faits, de chiffres et de dates comme on le trouve parfois dans ce genre d’ouvrage.

Dans un premier temps, il essaye de répondre à cette grande question qui a fait couler beaucoup d’encre : qu’est ce qui a fait que les pays occidentaux se sont les premiers sortit de la pauvreté ?

La réponse essentielle à cette question est bien sur le progrès technologique et scientifique, dont le secteur de l’industrie textile est l’exemple emblématique.
Ces progrès technologiques et scientifiques ont permis de briser le « carcan malthusien » ou l’augmentation de la population et du niveau de vie vient buter à terme sur les limites des ressources naturelles, la (faible) croissance se terminant par le drame de la famine, carcan malthusien qui fait que le niveau de vie n’a pas augmenté de la préhistoire à la fin du 18° siècle.
L’auteur ratisse large, il étudie tous les champs de l’économie y compris ses liens avec la psychologie (le bonheur).
Dans la dernière partie, il a une approche originale de l’ascension de la Chine et de l’Inde, deux mastodontes appelés à dominer la planète, incontournables pour résoudre les problèmes d’une civilisation devenue mondiale.
Pour finir il consacre quelques  pages à la crise financière de 2008-2009.  Il évoque rapidement les prochains enjeux mondiaux , notamment le réchauffement climatique et trop rapidement à mon avis la « révolution numérique », présentée comme la nouvelle arme de la puissance impérialiste américaine.
Le livre comprend 3 parties
Pourquoi l’occident ? Naissance de l’économie ; le miracle européen ; la loi de Malthus ; Prométhée libéré ; la croissance perpétuelle.
Prospérité et dépression. Conséquences économiques de la guerre et de la paix ; la crise de 1929 ; les Trente glorieuses ; la fin des solidarités ; la guerre et la paix ; économie et politique.
A l’heure de la mondialisation. Le retour de l’Inde et de la Chine ; la fin de l’histoire et l’occident ; le krach écologique ; le krach financier ; le capitalisme immatériel, dans le cyber monde.

 

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