Intervention Brigitte Martel-Baussant

 

Intervention Brigitte MARTEL-BAUSSANT pour la conférence du Cercle Condorcet Annecy le 14 décembre 2016

Comment les pratiques religieuses des catholiques, des protestants, (éventuellement des orthodoxes), des juifs et des musulmans respectent-elles l’égalité homme-femme et les libertés individuelles ?

Madame, Monsieur

Je vous remercie de votre invitation et je suis ravie de la présence de Chalha Chafiq pour cette soirée, à qui je laisse le soin de présenter le monde musulman. Pour faire une présentation rapide, je suis militante féministe depuis de nombreuses années dans diverses associations dont Femmes contre les Intégrismes durant 10 ans qui m’a permis de prendre conscience du poids du religieux dans les inégalités Femmes Hommes. Je suis aujourd’hui membre de la Commission Consultative des Droits de l’Homme, représentante de la CLEF : Coordination du Lobby Européen des Femmes. J’ai participé, organisé des stages, réflexions et conférences sur la laïcité et l’égalité Femmes Hommes dans une perspective universaliste de l’égalité. Je vais présenter la place de l’image de la femme dans la Bible, ancien et nouveau testament. Puis, dans un second temps, comment les pratiques religieuses catholiques, protestantes, orthodoxes et juives prennent en compte l’égalité femmes hommes .

Quelle est la place et l’image de la femme dans les grands livres fondateurs de ces religions ?

Pour la première partie de mon intervention je vous propose d’étudier trois femmes emblématiques de notre culture chrétienne occidentale : Eve, Marie, Marie- Madeleine

La Genèse est reprise par toutes les religions monothéistes

La figure d’Eve est, selon la traduction la plus connue de la Genèse, née de la côte d’ Adam :

i« l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit ; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place. L’éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme. »

L’image d’Eve est donc déjà représentée comme une partie d’un homme, elle n’existe pas en tant que telle et n’a pas été  conçu comme Adam :

L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant.

Selon les juifs mais aussi chez les orthodoxes l’étymologie peut s’analyser ainsi ADAM : l’humanité

ADAM se composerait d’ED (l’Ed, siège de la terre) et DAM (le sang, siège de l’âme) ;

ADAMA serait ADAM MA, l’homme-quoi, l’homme qui pose des questions. Pour autant, de nombreuses traductions soulignent l’être androgyne d’Adam dans un premier temps, puis la création à côté et non de la côte d’Adam. Selon les orthodoxes, il n’y a pas de distinction sexuée de l’humanité avant la Chute, c’est à dire l’éviction du paradis. Eve  serait, selon le Talmud, une deuxième création après Lilith, femme de séduction, revendiquant le désir et la liberté . Les textes du Talmud donne à Lilith une figure de féministe avant l’heure mais aussi de succube et démon….La répartition de la femme, selon le Rabbin Delphine Horvilleur, entre les stéréotypes de la maman et de la putain est déjà en place dès la Genèse.

Sa création arrive après la création du monde et du Paradis. Son nom signifie la Vie, le souffle d’Adam est signifié comme étant le Verbe. Cette distinction est fondamentale dans l’appréciation du rôle des femmes et des hommes. Eve donne la Vie, Adam porte la parole, le pouvoir de Dieu dans sa transmission. Ces deux vers de la Genèse ont été l’objet d’études, de gloses en tous genres depuis des siècles. Elle expliquerait la structuration verticale des hommes prenant la fonction de clerc et celle horizontale d’initiatrice à la vie chez les orthodoxes mais aussi dans les autres religions monothéistes.

L’épisode du Paradis et de sa sortie est aussi fondamentale. Eve est représentée comme la responsable non seulement de leur éviction mais surtout de toutes les calamités, souffrances que les hommes connaîtront, y compris le péché originel. Avec un régime spécial pour les femmes : la douleur de l’enfantement, il faudra 20 siècles pour que la médecine s’intéresse à la douleur des parturientes. Ce poids du Mal, du diabolique est un deuxième élément qui confère à l’image de la femme une connotation négative. Je vous renvoie aux travaux de François Hériter sur la valence différentielle des  sexes. Il existe de nombreuses explicitations anthropologiques universelles du pouvoir patriarcal pour conjurer le rôle magique des femmes : celle de donner la vie. Le pouvoir contre la vie, c’est un enjeu fondateur de l’inégalité femme homme.  La Genèse en est la représentation mythologique monothéiste chrétienne.

Les personnages de Marie et Marie-Madeleine sont différemment appréciées dans les religions monothéistes, en particulier, dans la religion juive. Le rôle du Nouveau Testament n’a pas le même rôle que pour les religions catholique, protestante et orthodoxe.

Marie est la mère de Dieu, vierge, telle que le définit le Conseil de Latran en 619, elle a enfanté grâce à la visite de l’Esprit Saint. Cette asexualité est une forme de construction en miroir d’Eve,qui, elle, a enfanté Abel et Caïn premier meurtrier, fratricide de plus. Elle établit une image de mère hors de la reproduction qui, d’ailleurs, grâce à l’Assomption, rejoint la trinité de Dieu, Jésus, l’Esprit Saint. Pour les protestants, Marie a été choisie pour faire naître Jésus avec un père mortel Joseph, chargé de sa protection. Pour les juifs, tel que le rappelle Ben Chorin dans son ouvrage Marie un regard juif sur la mère de Jésus, donne à la mère de Jésus, un simple statut de femme juive traditionnelle dont Jésus s’écarte dès son engagement de prophète, qui rappelons le n’est pas la Sauveur mais un prophète comme un autre .

Pour les orthodoxes, son rôle de mère la sauve du péché originel et lui offre la rédemption mais elle reste une femme comme les autres comme pour également les protestants. L’image de Marie est celle de la miséricorde dans une souffrance incarnée dans l’abnégation. Elle est le symbole majeur du soin, dans la reproduction des Marie allaitant, tenant Jésus dans ses bras ou bien au pied de la Croix, assistant impuissante aux souffrances et mort de Jésus. A contrario, on peut voir l’injure majeure de l’utilisation de Marie pour dénigrer des femmes dont on reproche la sexualité : Marie couche toi là etc… Le choix de ce prénom n’est pas anodin, il renforce par sa connotation religieuse l’anathème. La mère ne peut être liée à la sexualité, c’est aussi un ancrage important de l’inégalité entre les femmes et les hommes, en particulier dans le catholicisme.

Marie-Madeleine a, depuis le début, 21 siècle un nouveau statut dans la représentation bien connue de la prostituée.  Elle est d’abord assimilée par Grégoire 1 à une autre Marie pécheresse, puis à une femme souffrant de troubles psychiatriques : parabole des 7 démons puis enfin à une apôtre privilégiée et, depuis la découverte d’un papyrus et les études de Karen King, autres autres, l’épouse de Jésus dont elle aurait eu des enfants. Elle apparaît dans les épisodes clefs de la vie et de la mort de Jésus et sa résurrection. Son parcours après la mort de Jésus l’amène à Rome pour demander la condamnation de Pilates, puis à Marseille et enfin en Égypte. Elle serait aussi à l’origine de l’œuf de Pâques, symbolique de la vie et de la résurrection.Elle est également célébrée par les orthodoxes russes avec une symbolique de l’œuf très marquée, celle de la vie.

Dans les évangiles canoniques, Marie-Madeleine ou Marie de Magdala fait partie des femmes qui assistent à la crucifixion de Jésus (Marc 15, 40-47 ; Matthieu 27, 56-61 ; Jean 19, 25 : « Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine ») et découvrent le tombeau vide (Marc 16, 1 ; Matthieu 28, 1 ; Luc 24, 10 ; Jean 20, 1 : « Le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine se rendit au sépulcre, dès le matin, avant que les ténèbres fussent dissipées, et elle vit la pierre enlevée du sépulcre »), mais, aussi bien dans l’évangile de Matthieu (28, 8-10) que dans l’évangile de Jean (20, 11-18), elle est le premier témoin, avant les disciples qui ne la croient pas, du Christ ressuscité (Matthieu 28, 16-20 ; Jean 20, 19-29).

Elle est également citée dans le Talmud comme la femme de Jésus ou sa servante selon les traductions. Son statut d’épouse ulcère les théologiens catholiques. La découverte des évangiles apocryphes et leur divulgation ainsi que le succès du Da Vinci code et autres littératures ouvrent bien sûr un débat sur l’utilisation et le choix politique du Vatican au fur et à mesure des siècles. L’occultation du rôle de Marie- Madeleine est très intéressant sur le plan de l’égalité femmes hommes mais aussi dans la figuration d’un Jésus sexué, qui aurait eu femme et enfants. La folie des 7 démons de Marie-Madeleine renvoie, sur un plan diachronique de la folie, à un dévoiement du rôle dédiée à la femme sous une triple figuration de la mère, l’épouse, la prostituée.

Marie-Madeleine porte les trois rôles selon les évangiles officiels et apocryphes. Saint Augustin associe le chiffre 7 également à la plénitude mais aussi  aux péchés capitaux :la luxure, la paresse, la gourmandise, l’envie, l’orgueil, l’avarice, la colère . Marie- Madeleine est donc un personnage complexe entre personnage diabolique, pécheresse, apôtre privilégiée, épouse cachée de Jésus, annonciatrice de la résurrection…

Ces trois images féminines démontrent la structuration patriarcale des religions monothéistes dans une représentation clivée de la femme potentiellement ennemi de l’homme et la mère vierge de tous péchés y compris dans la négation de sa sexualité dans la reproduction.

Comment les pratiques religieuses des catholiques, des protestants, des orthodoxes, des juifs et des musulmans respectent-elles l’égalité homme femme et les libertés individuelles ?

La conciliation des pratiques religieuses et l’égalité femmes hommes s’articule pour moi sur un questionnement : Quel place donne les institutions religieuses aux femmes d’aujourd’hui ? Et son corollaire l’impact sur les libertés individuelles des femmes pratiquantes. L’égalité est elle un concept acceptable  dans les pratiques religieuses?

Les femmes n’ont pas accès aux droits sexuels et reproductifs dans toutes les religions. Leur cycle même leur interdit de participer à des manifestations religieuses si elles appliquent à la lettre les recommandations. L’ingérence religieuse à intervenir dans la vie sexuelle des femmes et des hommes ont évidemment un impact dans la notion de l’égalité. La notion de plaisir féminin est complètement proscrite au bénéfice de l’assouvissement de celui de l’homme, à lire les conseils édifiants aux futures jeunes épouses ou transmises dans les gynécées des pratiquantes aux jeunes filles. De plus, le concept de maternabilité influe sur toutes les femmes tant dans sa vie privée que dans la sphère professionnelle. Pour exemple, l’écart de 20% des salaires entre les hommes et les femmes concerne tout autant les femmes qui n’ont pas d’enfant. La petite fille va devenir mère (Cf. les jouets), être mère et bien sûr grand-mère. Ce rôle assigné renvoie non seulement les femmes chez elle mais interdisent de fait à avoir un rôle de responsable religieux auprès d’une communauté d’hommes et de femme (en dehors du protestantisme qui est issu d’un schisme et dont je reparlerai plus avant). Elles ont déjà leurs ouailles et ne peuvent prétendre à s’occuper d’autres ouailles.

Je procéderai par typologie religieuse.

Pour les catholiques, la pierre angulaire des relations femmes hommes c’est le célibat qui désexualise les femmes et les hommes engagés dans le clergé. Pour autant, nous pouvons voir comment le patriarcat sous tend toute l’architecture institutionnelle. Les hommes sont les intercesseurs  de Dieu, les femmes des épouses. Les vœux prononcés ne sont pas de même nature, les hommes transmettent grâce aux actes qu’ils peuvent faire les rites fondateurs du catholicisme: le baptême, la communion, l’extrême onction. Les femmes religieuses prient, soignent, porte assistance aux démunis, en particulier les enfants. Il ne faut pas oublier les disputes théologiques pour savoir si les femmes ont des âmes. Elles  agiteront les esprits  durant des siècle au Vatican, chez les Luthériens allant d’une simple dispute grammaticale au rejet de concevoir que les femmes puisse faire partie de l’humanité Adam, comme je vous l’ai indiqué en première partie. La crise des vocations pose évidemment le renouvellement du clergé en Europe et laisse les tenants de l’abandon du célibat avoir un peu plus de visibilité. Le terme de l’égalité des sexes est refusé au profit de celui de complémentarité avec un modèle patriarcal, cf le slogan du mariage pour tous : un papa, une maman et non le contraire. Il existe des avancées dans la reconnaissance des femmes : dans la canonisation, voire la médiatisation pour Sœur Emmanuelle et Sœur Térésa, dans leur participation à la vie des paroisses en dehors de la catéchèse, quelques responsabilités de diacre leur sont allouées sans le nom. La gouvernance institutionnelle du Vatican démontre l’incapacité politique des catholiques à intégrer les femmes dans un partage des pouvoirs spirituels mais aussi politiques. A l’ONU, le Vatican est le plus farouche ennemi de toute loi sur l’égalité et vote de concert avec toutes les gouvernements les plus réactionnaires et dictatoriaux.

Pour les orthodoxes, le sacerdoce des femmes dans l’institution religieuse est en discussion. Quelques femmes ont été nommées lectrices ou acolytes dans le clergé mineur, elles aident aux tâches et fonctionnement usuel. Mais aucune nomination en tant que diacre, prêtre ou évêque, qui correspond au clergé majeur et donc institutionnel. Le célibat n’est pas imposé aux prêtres, sauf dans le cas d’engagement monastique. Son choix monastique est réversible, à condition que son évêque l’accepte. Le parcours individuel prévaut sur le dogmatisme telle que le défend Annick de Souzenelle et de nombreux penseurs orthodoxes. Pour autant, force est de constater que les femmes orthodoxes n’ont pas de place institutionnelle.

 

Pour la religion juive, d’après la Halakha, guide des pratiques religieuses juives, une femme ne peut accomplir les mitzwoth, les commandements religieux.Il est à remarquer que lorsque les hommes mettent leurs téfilines pour leur prière du matin, ils s’expriment en hébreu au féminin mais ils prononcent cette petite phrase : je remercie Dieu de ne pas m’avoir fait femme…

Elle ne peut être ni le témoin d’un mariage, ni demander le divorce, c’est le mari qui doit donner le Guelt, d’où de nombreuses négociations pour faire accepter le divorce, en particulier lors de la demande de divorce en tant que femme de rabbin. A contrario, un homme peut décider de divorcer unilatéralement. La ketouba, somme d’argent donnée au contrat de mariage (peut être renégocier dans le cadre du Guelt), doit suffire pour la répudiation de fait devant les tribunaux rabbiniques. Ceux ci sont encore extrêmement actifs dans les communautés même si le divorce civil existe bien entendu, le divorce religieux a encore un rôle essentiel dans les familles juives, en particulier ashkénazes. D’autre part, en cas d’infidéiité féminine, le mariage est rompu ipso facto, sans même l’accord de l’époux prêt à pardonner (sic), ce qui a donné des cas ubuesques dans la jurisprudence dans le cas de divorce des couples israélo- français, heureusement aménagés par des accords juridiques, mais qui demandent encore beaucoup de temps. Il faut dire également que, traditionnellement, les femmes n’étudient pas la Torah Shebalpé (le Talmud). En d’autres termes, les femmes ne vont pas à la Yeshiva, sorte de séminaire. Les trois femmes rabbins françaises ont fait leurs études à l’étranger Etats-Unis, Allemagne et Israël, elles font partie de communautés libérales juives, très minoritaires en France. L’arbre ne doit pas cacher la forêt. Les femmes juives sont assignés à leur rôle de mère, puisqu’elles transmettent la judéité. Même si dans le Talmud, la Torah a été confiée aux femmes, il ne fallait surtout pas qu’elles puissent la lire et encore moins l’étudier.

Pour le protestantisme, il y a tout d’abord une analyse historique du schisme anglican et de la Réforme mais il y aussi une expansion des évangélistes avec une hétérogénéité marquée pour le rôle des femmes dans leur pratique mais aussi dans la société d’aujourd’hui. Les protestants écartent la sanctification des êtres y compris de Marie la mère de Dieu, ainsi que le célibat. En 1517, Luther demandera à ce que les filles puissent lire pour étudier la Bible, écrire et compter pour prendre une part active dans la société mais pas de sacerdoce. La prédication était autorisée en l’absence des hommes.  Dès 1560,  la femme protestante retournera au rôle assignée de bonne mère, bonne épouse sans instruction selon les conciles protestants. Les familles protestantes donneront souvent le minimum d’instruction aux filles, souvent transmise de mère en fille, jusqu’ au 19e siècle, où dans le même mouvement que le socialisme, elles revendiquent leur émancipation,. Elles rentrent au début du 20e siècle dans les facultés de théologie et la première femme pasteur est nommée en 1930 et sont réellement considérées comme l’égal des hommes à partir de 1960 et chez les baptistes en 2005, mais toutes les branches du système protestant ne reconnaissent pas le sacerdoce féminin. Elles ont souvent lutté contre leurs pairs qui voulaient imposer comme condition sine qua none de leur ordination le célibat ou au pire le veuvage …Dans le système anglican, les femmes prêtres ont été ordonnées à partir de 1994 et la première évêque en 2014, avec de fortes oppositions. Si le système protestant dans son organisation paraît le plus propice aux femmes, il ne faudrait pas être dans l’angélisme (si je puis me permettre) l’opposition très forte des évangélistes aux droits sexuels et reproductifs, comme le démontre les campagnes anti avortement, le retour à la polygamie, les mariages arrangés ou forcés avec des mineures sous prétextes religieux sont légion. Le terme de complémentarité est également préféré à celui d’égalité dans de nombreux textes protestants.

En conclusion, les religions sont à l’image des sociétés comme pour les textes antiques mais aussi dans leur représentation institutionnelle. L’égalité entre les femmes et les hommes ne va pas de soi. Elle n’est jamais acquise, elle se pense comme la laïcité. Le respect de la spiritualité doit s’accorder avec l’égalité femme homme. La complémentarité est pour moi le creuset de l’inégalité. L’institution religieuse n’est souvent que le bras armé du patriarcat dans ses formes les plus intégristes, elle n’est en rien représentante de la foi, marque de la spiritualité de la personne dans une quête de compréhension de son monde et de sa place.

 

 

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