vivre en Tunisie , aujourd’hui

Le cercle CONDORCET, en partenariat avec « Bonlieu Scène Nationale », le cinéma « La Turbine » et « librinfo74 » (l’info locale indépendante sur le web), vous propose deux événements pour nous aider à comprendre la vie en Tunisie aujourd’hui :

Lundi 17 octobre à 20h15 au cinéma « LA TURBINE » à Cran-Gevrier :

Un film de Leyla BOUZID :« A peine j’ouvre les yeux »

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Suivi d’un échange avec des tunisiens, en présence de l’équipe du Théâtre National Tunisien (sous réserve).

Mardi 18 et mercredi 19 octobre 20h30, petite salle de Bonlieu Scène Nationale, une pièce tunisienne :

« VIOLENCE(S) », de Jalila BACCAR etFadhel JAÏBI du Théâtre National Tunisien.

Parlez-en  à vos amis et relations et venez nombreux.

Quelques précisions sur ces deux spectacles

Le film : « A peine j’ouvre les yeux »

L’histoire se passe à Tunis, pendant l’été 2010, juste avant la révolution. Il raconte la lutte de Farah, 18 ans, pour chanter avec son groupe de rock, se libérer de l’emprise familiale et vivre ses premières amours. Un rappel bienvenu, minutieux et essentiel, de la Tunisie à l’époque de BEN ALI.

La réalisatrice  Leyla BOUZID affirme avoir voulu réaliser un film indépendant de l’actualité. Pourtant elle constate que les tunisiens semblent avoir oublié la peur et l’atmosphère paranoïaque endurée sous Ben Ali. On découvre la pulsion vitale qui animait une jeunesse étouffée par le régime, mais aussi que la révolte couvait déjà.  La schizophrénie de la société tunisienne d’alors est subtilement rendue par, d’un côté l’angoisse de la mère et la menace permanente de la police, et de l’autre l’énergie, la sensualité, l’envie de liberté que dégage l’amour du couple principal de cette histoire. Les chansons, l’exploration des bas-fonds de Tunis et même une incursion dans le désert nous plongent dans la réalité tunisienne. Cependant la réalisatrice n’a pas voulu évoquer de référence religieuse.

Un beau premier film, prix du public et du label Europa cinéma à Venise. Bayard d’or du meilleur premier film à Namur.

Après la projection, nous aurons l’occasion d’échanger, avec des témoins tunisiens,  sur la vie actuelle en Tunisie.

La pièce de théâtre : « VIOLENCE (S).  Spectacle en arabe surtitré en français

violence

Fadhel Jaïbi, annonciateur et témoin du printemps arabe, met en scène l’état actuel de la société tunisienne. Les personnages du quotidien deviennent des figures mythiques, Médée et Chronos traversent la représentation. La série de faits divers violents retranscrits dans la pièce devient une tragédie intemporelle. Un spectacle fort servi par les magnifiques comédiens du Théâtre National Tunisien.
L’après ce qu’on a appelé printemps tunisien, ou révolution, porte son lot de bouleversements. Réfléchir sur la violence était devenu une nécessité. Pour Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi, les crimes ont changé de nature et de lieu, s’inscrivant à présent plus fréquemment dans la sphère familiale. Mais les faits divers ne sont que les échos de grands mythes anciens, dont nous sommes porteurs, jamais à l’abri de ces sombres instincts primitifs. Une table, six bancs. Dans une scénographie minimaliste, les histoires vont se succéder. Avec la mise à nu de la mécanique vers un déchaînement d’agressivité, on attend le déclic qui fait basculer vers le passage à l’acte. Sur le plateau s’opère un mélange troublant entre fiction et réalité. Les comédiens, jonglant subtilement entre incarnation et identité propre, nous rappellent nos fragilités. « Ne brisons pas le miroir que l’on nous tend. Regardons-nous bien dedans, plutôt. » Car savoir, c’est pouvoir, et force pour mieux résister à ce qui cherche à nous abattre. Ayons confiance dans la force cathartique du théâtre.
Utiliser le théâtre pour rendre le monde plus intelligible. Jalila Baccar, auteure dramatique, comédienne de théâtre et de cinéma, est  avec Fadhel Jaïbi  cofondatrice de la première compagnie tunisienne indépendante, Le Nouveau Théâtre. À travers ses pièces, elle interroge la mémoire et la responsabilité, entre réalité et fantasmes collectifs ou individuels face aux pouvoirs politique, religieux ou moral.

Fadhel Jaïbi est une figure incontestable du théâtre arabe contemporain. Il dirige le Théâtre National Tunisien depuis 2014, au sein duquel il a créé l’École d’acteurs et le Jeune Théâtre National. C’est un très grand formateur : l’Europe s’intéresse depuis une vingtaine d’années à ses recherches pédagogiques. Il fut le premier créateur arabe invité au Festival d’Avignon (en 2002) en 56 ans de festival et son spectacle Corps Otages a été accueilli à l’Odéon – Théâtre de l’Europe (événement inédit pour un créateur non européen). Fadhel Jaïbi, c’est la conception d’un théâtre « élitaire pour tous ». Après Amnesia et Corps Otages, Violence(s) est le troisième spectacle invité à Bonlieu Scène nationale.

article Jacques GAUCHER (27-09-2016)

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