Ils ont osé le dire (2)

« La tolérance est à la laïcité ce que la charité est à la justice »  Régis DEBRAY, Allons aux faits

« Le cadre laïque se donne les moyens de faire coexister sur un même territoire des individus qui ne partagent pas les mêmes convictions, au lieu de les juxtaposer en une mosaïque de communautés fermées sur elles-mêmes et mutuellement exclusives » André PHILIP (assemblée constituante de 1945) in Régis DEBRAY (Allons aux faits)

 « Les sots ont ceci de commun avec les éponges : ils adhèrent. » et « deux choses menacent le monde : l’ordre et le désordre. »  Paul VALERY

 « Le but du novlangue était, non seulement de fournir un mode d’expression aux idées générales et aux habitudes mentales des dévots de l’angsoc, mais de rendre impossible tout autre mode de pensée. Il était entendu que lorsque le novlangue serait une fois pour toutes adopté et que l’ancilangue serait oublié, une idée hérétique – c’est-à-dire une idée s’écartant des principes de l’angsoc – serait littéralement impensable, du moins dans la mesure où la pensée dépend des mots.

Le vocabulaire du novlangue était construit de telle sorte qu’il pût fournir une expression exacte, et souvent très nuancée, aux idées qu’un membre du Parti pouvait, à juste titre, désirer communiquer. Mais il excluait toutes les autres idées et même les possibilités d’y arriver par des méthodes indirectes. L’invention de mots nouveaux, l’élimination surtout des mots indésirables, la suppression dans les mots restants de toute signification secondaire, quelle qu’elle fût, contribuaient à ce résultat. » Georges ORWELL  appendice à 1984

« Vivre ce n’est pas attendre que l’orage passe, vivre c’est danser sous la pluie. » SENEQUE

« Les gens sont étonnants, ils veulent qu’on s’intéresse à eux. » Jules RENARD

« La nature spirituelle de l’homme a horreur du vide et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir, elle le fera avec des religions de plus en plus inadaptées au présent, qui comme l’islam actuellement, se mettent à produire des monstres. » Abdenour BIDAR

Au sujet des animaux : « La question n’est pas : peuvent-ils raisonner ? Ni peuvent-ils parler ? Mais bien peuvent-ils souffrir ? » BENTHAM (Introduction aux principes de la morale et de la législation ; 1789)

Pollution de l’air : la colère gronde dans la vallée de l’Arve

Les habitants, qui viennent de subir un fort épisode de pollution, dénoncent l’inertie des autorités.

LE MONDE | •   Par Laetitia Van Eeckhout

La dispersion des particules fines depuis le 5 janvier avec le retour du vent n’y a rien fait. La colère gronde dans l’Arve, en Haute-Savoie. Les 155 000 habitants de cette vallée située entre Annemasse et Chamonix viennent de connaître un épisode sans précédent : trente-cinq jours consécutifs de pic de pollution, avec des concentrations de particules fines dépassant largement 50 microgrammes par mètre cube d’air. La vie dans ce cadre montagnard s’est transformée en cauchemar.

Exaspérés, les habitants, militants associatifs et simples citoyens, ont décidé de s’inviter à tous les vœux des maires de la vallée pour dénoncer l’inertie des pouvoirs publics devant une situation de plus en plus intenable. Ils étaient plusieurs centaines, vendredi 6 janvier, aux vœux de Georges Morand, maire de Sallanches, une des villes du fond de la vallée les plus affectées par la pollution. La veille, la cérémonie de Patrick Kollibay, le maire de Passy, avait été chahutée et a fini par tourner court quand plus de 400 personnes, lasses d’être ignorées, se sont mises à siffler les élus.

« Cela fait des années que les associations tirent la sonnette d’alarme. Les citoyens se rendent compte que cela ne suffit pas. Les gens en ont vraiment assez », accuse Anne Lassman-Trappier, présidente de l’association Environn’MontBlanc. « La situation devient catastrophique », lâche Isabelle Patient, une mère de famille, qui montre son second fils dont on voit à peine la frimousse, cagoule remontée sur le nez : « A chaque pic, ses crises d’asthme reprennent de plus belle. Cette fois, je l’ai gardé à la maison et j’ai fini par partir quatre jours avec lui dans le Sud pour lui faire respirer l’air pur. » Elle s’était installée dans la vallée en 2001 à Sallanches avec son mari asthmatique, pour, dit-elle « bénéficier du bon air de la montagne »…

« On interdit aux enfants de prendre l’air »

Pendant toutes les vacances de Noël, Alicia, animatrice à Passy, a dû confiner à l’intérieur de son centre aéré les enfants qu’elle accueillait. « On leur interdit de prendre l’air et on laisse les industries continuer à polluer », s’insurge t-elle. Sur Internet aussi, la colère bouillonne. Une vidéo, tournée par un père de famille à l’école Saint-Joseph, à Sallanches, a été tweetée et retweetée : une mise en scène glaçante en noir et blanc, montrant des dizaines d’enfants, masque sur la bouche et regard figé.

 

Cette montée de l’exaspération ne surprend pas Cécile Budry, médecin, qui voit de plus en plus de patients souffrir de maux inhabituels. « Comme tout autre médecin ailleurs en France, j’enregistre en hiver une recrudescence des syndromes respiratoires. Mais je constate un grand nombre de toux sèches, de rhinites, de gorges irritées qui perdurent anormalement un mois, deux mois et pour lesquelles aucun traitement ne marche », s’inquiète la praticienne.

Les maires digèrent difficilement la défiance. « Oui, la pollution existe, mais elle n’est pas responsable de tout. Arrêtons de faire peur aux gens et de ternir l’image de la région. Nous, élus, nous ne restons pas sans rien faire », se défend Georges Morand, mettant en avant les mesures prises par les collectivités : aide au remplacement des appareils de chauffage au bois anciens, renouvellement des véhicules communaux avec des véhicules propres, création de parkings de covoiturage…

Mais les ambitions restent très inégales selon les collectivités, parcellaires et pas toujours cohérentes d’un bout à l’autre de la vallée. Pourquoi la gratuité du train ne s’applique-t-elle qu’au tronçon Chamonix-Servoz, et pas jusqu’à Sallanches, déplorent notamment les habitants du fond de la vallée ? Qui regrettent de ne pas bénéficier d’un solide réseau de transports en commun.

Encourager le transport de fret par le rail

Eric Fournier, le maire de Chamonix, met en avant un plan de protection de l’air, avec notamment la gratuité et la fréquence des transports en commun dans l’agglomération, mais reconnaît ses limites : « Notre forte implication locale ne suffit pas : la mobilisation de tous est nécessaire, à commencer par celle de l’Etat. »

L’ensemble des élus comme les militants associatifs appellent à l’élaboration d’un second plan de protection de l’atmosphère (PPA) ambitieux, pour conforter les mesures prises localement, et lutter simultanément contre les trois principales sources de pollution : chauffage (65 % des émissions de particules fines), industrie (15 % des PM10, les particules de diamètre inférieure à 10 micromètres) et transports (70 % des émissions de dioxyde d’azote).

Le premier PPA élaboré en 2012, qui arrive bientôt à échéance, a obtenu quelques résultats. Notamment l’arrêt de tout écobuage (feu de feuilles mortes et branchages). Le fonds Air Bois, qui accorde une prime de 1 000 euros pour le remplacement d’un appareil de chauffage au bois ancien (avant 2002), d’un foyer ouvert ou d’un vieux poêle, se déploie certes à raison de 400 à 500 remplacements par an. Mais ce n’est pas suffisant : la vallée compte 12 000 chaudières au bois défectueuses. « Il faut accélérer le rythme de renouvellement des foyers ouverts en aidant davantage les ménages, tous ne pouvant pas se permettre une telle dépense », soutient Josée Krempp, du réseau Air 74.

Lire aussi :   Visualisez les pics de pollution dans l’agglomération parisienne depuis janvier 2002

Pour les élus comme pour les citoyens, l’Etat doit aussi encourager les transports des marchandises par le rail. Ils appellent à la fin, d’ici au 1er octobre, de la circulation des poids lourds de normes Euro 3 et Euro 4 dans le tunnel du Mont-Blanc. Et, en cas de dépassement du seuil d’alerte, à une suspension totale du trafic de poids lourds en transit, et non plus des seuls Euro 3.

Jeudi, la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, a proposé de doubler la prime aux particuliers pour convertir leur appareil de chauffage au bois et de créer une zone de circulation restreinte dans toute la vallée. Un premier pas de l’Etat apprécié par les intéressés, en attendant mieux.

Continuer la lecture de Pollution de l’air : la colère gronde dans la vallée de l’Arve

Santé et pollution

Pollution sur le lac d’Annecy (photo Michel Chamaillé)

Conférence débat

du Cercle CONDORCET Annecy

Santé et Pollution 

Jacques VENJEAN, allergologue

vendredi 10 février 2017, 18h30,

Salle des Eaux et Forêts, 113 Bd du Fier, au rond point avec l’avenue de Genève, à  Annecy

La pollution de l’air : un enjeu de santé publique, une cause majeure de décès prématurés. Une situation particulièrement inquiétante en vallée de l’Arve et à Annecy. Les polluants, les sources de pollutions. Effets de la pollution sur la santé. Coûts économiques et sanitaires

Jacques VENJEAN a commencé à exercer comme médecin du travail en 1985 à Cluses. Le rôle du médecin du travail est de suivre les populations salariées et de faire le lien entre leur état de santé et leurs conditions de travail de façon à contribuer à la prévention des risques professionnels. Ce qui l’a amené à étudier l’influence de la pollution sur la santé des individus.

Lors de cette conférence débat, Jacques VENJEAN nous présentera les conséquences de cette pollution sur la santé en général et les résultats des dernières recherches scientifiques et médicales dans ce domaine. Il fera le point sur les études en cours,  et particulièrement les effets sur la santé des enfants.

Comment faire face à cette pollution ? Comment agir, individuellement et collectivement ?

Quelles sont les mesures prises ou non prises par les institutions et les collectivités locales ?

Beaucoup de questions et quelques réponses pour un enjeu de santé publique et de protection de l’environnement.

Les Champs Elysés. Paris

Bernard STIEGLER « La Disruption »

Bernard Stiegler:

« L’accélération de l’innovation court-circuite tout ce qui contribue à l’élaboration de la civilisation»

Pour le philosophe, directeur de l’Institut de recherche et d’innovation du centre Pompidou,

la « disruption» constitue une barbarie «soft» incompatible avec la socialisation. La fuite en avant technologique produit une perte de repères et une désespérance qu’il est impératif d’assumer afin de repenser l’élaboration des savoirs et la macroéconomie.

Article qui éclaire  l’intervention de l’auteur le jeudi 12 janvier à BONLIEU, 18h30

DANS LA DISRUPTION de BERNARD STIEGLER

éd. Les liens qui libèrent, 480 pp., 24 €

Propos recueillis par Amaelle GUITON, dans « Libération » 1er juillet 2016

« Disruptif ». Le terme, dixit le dictionnaire de l’Académie française, dérive du latin disrumpere, «briser en morceaux, faire éclater». Dans le langage des entreprises du numérique, «l’innovation disruptive», c’est l’innovation de rupture, celle qui bouscule les positions établies, court-circuite les règles du jeu, impose un changement de paradigme. De Google à Uber, la «disruption» bouleverse nos vies connectées. Mais à quel prix ? Directeur de l’Institut de recherche et d’innovation du centre Pompidou, fondateur de l’association Ars Industrialis, le philosophe Bernard Stiegler consacre son travail aux effets des mutations technologiques. Dans son dernier ouvrage, Dans la disruption, comment ne pas devenir fou ? ( éditions Les liens qui libèrent), il analyse ce phénomène qui «prend de vitesse les organisations sociales» au risque de la désintégration et de la mélancolie collective. Et plaide pour une « bifurcation» qui nous fasse entrer dans une «nouvelle époque».

Continuer la lecture de Bernard STIEGLER « La Disruption »

Bernard STIEGLER Cycle de conférence philosophie

Le Cercle CONDORCET d’ Annecy  vous conseille le cycle de conférence organisé par BONLIEU SCENE NATIONALE avec le  philosophe Bernard STIEGLER (séminaire Ars industrialis)

Après le cycle Démocratie de Jean-Paul CURNIER, le cycle de conférences Philosophie de BONLIEU  invite Ars Industrialis, association présidée par Bernard Stiegler qui œuvre depuis plus de dix ans sur la question des impacts de la technologie et des industries sur les comportements et les esprits.

Deuxième conférence JEUDI 12 JANVIER 2017

Conférences à 18h30, salle de création, entrée libre, mais réservation préalable à la billetterie. Attention, lors de  la dernière conférence,  au dernier moment, plus de place!

Dernière minute : Bernard STIEGLER est remplacé par Olivier LANDAU, qui fait partie de son équipe

 

METTRE EN OEUVRE UNE EXPÉRIMENTATION TERRITORIALE CONTRIBUTIVE

Automatisation et macro-économie 2e partie

L’automatisation va franchir dans les années qui viennent un seuil qui va finir d’abattre le modèle consumériste tout en transformant très en profondeur les modes de vie, les relations humaines et la nature même des savoirs. Parce qu’il faut repenser de fond en comble les relations sociales et les temporalités pour inventer une nouvelle rationalité économique et un nouveau contrat social, ce séminaire tentera de préciser les termes des alternatives qui s’ouvrent dans cette nécessaire métamorphose des technologies de l’esprit et du désir.

 Bernard STIEGLER : Philosophe, docteur de l’École des hautes Études en sciences sociales, est président de lassociation Ars Industrialis, directeur de l’Institut de recherche et d’innovation du Centre Georges Pompidou, professeur à l’Université de Nanjing (Chine) et à la Brown University (États-Unis), et professeur associé à l’université de technologie de Compiègne. Il a créé en 2010 avec Ars Industrialis pharmakon.fr, école de philosophie en ligne. Ars Industrialis regroupe des philosophes, chercheurs, artistes, acteurs de la société civile, citoyens… qui désirent penser les mutations globales de nos sociétés, technologiques et humaines. Portée notamment par le philosophe Bernard Stiegler, lassociation Ars Industrialis développe des rencontres et actions à plusieurs échelles, locale, nationale, européenne et internationale.

Nous ne désirons pas que les hommes pensent comme nous mais qu’ils apprennent à penser d’après eux-mêmes.