Lectures sur « femme et religions

Quelques ouvrages en lien avec                                      la conférence

« Femme et religions »                                              du 14 décembre 2016

 

Tirs croisés : La laïcité à l’épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman

Le livre de poche 7,90 €  Caroline FOUREST et Fiammetta VENNER 

Caroline FOUREST est journaliste et essayiste. Elle collabore au Monde et à France Culture. Dernier ouvrage : le génie de la laïcité.

Fiammetta VENNER est politologue et essayiste.

Un ouvrage  de 2003, mais toujours d’actualité, pour défendre la laïcité et comprendre l’emprise des intégrismes religieux.
Pour les deux auteures, les intégristes des trois religions monothéistes constituent une menace importante pour les démocraties et pour tout ce qui concerne les droits de l’homme. Ces intégristes profitent de la moindre faille, faiblesse ou excès de tolérance dont les démocraties en général et les personnes laïques en particulier font preuve à leur égard.
Caroline FOUREST et Fiammetta VENNER combattent cette idée fausse qui consiste à penser que seul l’intégrisme musulman est dangereux. Les extrémistes chrétiens et juifs, même s’ils sont soumis, à un contre-pouvoir relativement puissant par rapport à leurs homologues musulmans, mettent tout autant en péril nos libertés.
« Tirs croisés » est un livre très bien écrit, accessible et des plus agréables à lire. Les auteurs exposent la manière dont les religieux arrivent à se poser en victimes de ceux qu’ils appellent les « laïcards » mais aussi  les dangers induits par les pratiques religieuses (sexisme, intolérance par rapport aux libertés d’orientation sexuelle, obscurantisme, etc…).  Leur présentation nous permet de redécouvrir l’origine des trois religions et leur évolution dans l’histoire afin de nous permettre de mieux comprendre la situation actuelle.
Elles évoquent non un choc  des civilisations, mais l’idée d’une guerre de tranchées internationale entre les défenseurs de la laïcité, comme fondement de nos démocraties modernes, et les théocrates  qui tentent d’imposer par tous les moyens leur dogmatisme à l’ensemble de leurs concitoyens. Pour elles, les intégrismes, juifs, chrétiens et musulmans, visent tous à instituer des théocraties. Elles montrent aussi que les différences de méthodes ainsi que de résultats concrets découlent moins des textes fondateurs  dont ces idéologies se réclament, que des contextes socio-politiques et historiques plus ou moins favorables à leurs actions.
Une bonne synthèse des enjeux du combat laïque face à ces différentes formes d’intégrismes religieux.
Complétement en phase  avec notre débat « La femme et les religions » du 13 décembre 2016

Guy BETCHEL : « Les quatre femmes de Dieu » : la putain, la sorcière, la sainte et bécassine Pocket AGORA 2003

Guy BETCHEL est historien et germaniste. Il a publié : Paracelse ; Gutenberg et l’invention de l’imprimerie ; la chair, le diable et le confesseur ; la sorcière et l’Occident.
Pendant des siècles, l’Eglise catholique et ses théologiens n’ont cessé d’éprouver pour la femmes des sentiments contradictoires. On aimait sa douceur, sa virginité, ses maternités. Mais on la soupçonnait, au plus profond d’elle-même, de rester éternellement une putain, une sorcière et une imbécile. Même les saintes ont été souvent mal vues par l’Eglise, car elles essayaient de sortir de l’anonymat d’une façon contraire à la modestie de leur sexe.
Pendant des siècles l’Eglise n’a voulu que la soumission. Elle s’est opposée  constamment à la libération de la femme, à son accès à l’enseignement, à la culture et au monde du travail, et aujourd’hui encore à son ordination. D’où vient ce mythe de l’infériorité féminine, qu’on retrouve dans les religions monothéistes ?
Eve est la première coupable. Elle a précipité l’humanité dans le péché. Depuis la pomme fatale, les femmes sont accusées par l’Eglise de porter des tares infamantes : « être imparfait «  pour Saint Thomas d’Aquin ; « produit d’un os surnuméraire » (BOSSUET) ; « porte du diable » (TERTULLIEN) ; « sac de fientes » (Odon de Cluny).  Elle a été regardée par les religieux avec crainte et parfois avec horreur.  Cette histoire de l’antiféminisme chrétien éclaire les combats actuels sur la contraception, l’avortement, les préservatifs…

Guy BETCHEL : « La chair, le diable et le confesseur » Poche Pluriel

Selon la Bible, l’homme et la femme doivent se multiplier. Or, depuis son origine, l’Eglise considère que le plaisir sexuel est dangereux, voire démoniaque : mais comment le chasser de l’acte d’amour ? Pendant des siècles, cette institution s’est ainsi lancée dans la plus extraordinaire tentative jamais imaginée pour connaître et contrôler la vie sexuelle des couples. Horrifiée mais fascinée, elle ose décrire, classifier, tarifer toutes les postures, toutes les pratiques, des plus perverses aux plus extravagantes de l’acte sexuel. Ces renseignements minutieux, incroyablement scabreux, étaient consignés dans des manuels destinés aux confesseurs, qui pouvaient ainsi intervenir dans la vie des fidèles et distribuer les pénitences. Cette entreprise a échoué le jour où les catholiques n’ont plus voulu raconter leurs péchés d’amours : bien qu’elle survive dans les prises de positions de l’Eglise sur la sexualité, elle est sans doute à l’origine de la désaffection que connaissent la pratique religieuse catholique et les prescriptions de la morale sexuelle.

Chahdortt DJAVANN : « Bas les voiles » Poche FOLIO

CHAHDORTT DJAVANN est anthropologue et vit en France depuis 1993.
« Mais qu’est-ce que c’est que porter le voile, habiter un corps voilé ? Que signifie être condamnée à l’enfermement dans un corps voilé puisque féminin ? Pourquoi voile-t-on les filles, seulement les filles ? Pourquoi cache-t-on leur corps, leur chevelure ? Qui a le droit d’en parler ? J’ai porté dix ans le voile. C’était le voile ou la mort. Je sais de quoi je parle ».
Ce livre est un témoignage qui reste d’actualité. Il est court, fort et accessible. Il lève les ambiguïtés sur le voile qui n’est pas un simple « accessoire » mais un symbole et un outil d’oppression. Que celles qui le choisissent n’oublient pas toutes celles qui sont persécutées et même martyrisées pour oser le refuser. L’auteure est d’autant plus convaincante qu’elle est iranienne, a subi et fui le régime de mollahs. Sa culture , ses connaissances lui permettent d’analyser en profondeur les raisons pour lesquelles le voile fait partie de l’Islam , ce qu’il signifie dans une culture musulmane , ce qu’il traduit des rapports homme-femme .Il n’est pas sûr que les jeunes filles porteuses de voile dans nos banlieues et qui revendiquent leur « liberté » savent ce que cela représente …au-delà d’une certaine mode ,et au-delà de leur légitime désir de ne pas passer pour des « putes » .Elles ne réalisent pas qu’en se couvrant , elles partagent le monde en deux et réalisent le fantasme de certains : montrer que les femmes, ne sont aux yeux des islamistes que des objets de désir, et qu’elles doivent se cacher pour ne pas être ces « objets » tentateurs pour les mâles .

Régis DEBRAY : « Ce que nous voile le voile », la République et le sacré. Poche Folio

Ouvrage écrit dans le contexte du débat sur la loi de 2004 sur les signes ostentatoires à l’école. L’auteur s’appuie tout d’abord sur Jean Zay et sa circulaire de 36 pour montrer qu’il est possible de légiférer sur le voile sans stigmatiser une religion en particulier. Puis il milite ensuite pour que l’école redevienne « cet asile inviolable ou les querelles des hommes ne pénètrent pas », qu’elle cultive cette contre-culture et cette fonction thermostatique de la société chère à Mérieux qu’il cite. L’école ne doit pas céder à une société qui fait de la démocratie: l’abandon des exigences; le respect des identités: la confirmation des préjugés; les devoirs: une brimade et les sanctions une vexation. Enfin l’auteur milite pour l’instauration d’un service civique universel pour que la république ne soit pas juste une juxtaposition de principes et valeurs, mais pour que la jeunesse puisse les expérimenter. On ne remplace pas une culture charnelle par un universel abstrait. Dans le même ordre d’idée, il défend une laïcité active qui ne serait pas juste un mot écran que l’on brandirait à chaque fois qu’il y a un problème, mais une attitude de responsabilité protectrice.

Caroline FOUREST et Fiammetta VENNER : « Les Interdits religieux » DALLOZ (A savoir), 3 €

Caroline FOUREST est journaliste et essayiste. Elle collabore au Monde et à France Culture. Dernier ouvrage : le génie de la laïcité.

Fiammetta VENNER est politologue et essayiste.

Interdits religieux ou interdits au nom du religieux ? La question se pose.
L’expression « loi religieuse », souvent utilisée, n’est pas juridiquement légale, en France. Dans chaque religion, les textes fondateurs ont donné lieu à de multiples interprétations et commentaires, qui varient au cours du temps, selon les traductions et les régions du monde. Or chaque mot, chaque virgule peut changer l’amplitude d’un interdit. Aux textes de base s’ajoutent de nouveaux avis de chefs religieux, diffusés sur internet.
Ce petit livre ne prétend pas faire autorité, ni même servir de guide officiel des interdits religieux. Il propose simplement un tour d’horizon, non exhaustif, des différents interdits prononcés au nom du religieux, particulièrement dans les trois religions monothéistes. On y découvre beaucoup de choses et de pratiques interdites, sans aucune raison rationnelle et défendable, hors d’une croyance dogmatique.

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