Condorcet, l’instruction publique et la naissance du citoyen.

 de Catherine Kintzler : le droit à l’égalité, le droit à la connaissance

esquisse-gallicaOutre le fait qu’il offre une analyse limpide, rigoureuse et non moins passionnante de l’œuvre de Condorcet, dont l’apport est considérable, l’ouvrage que Catherine Kintzler consacre au philosophe et mathématicien est capital par les éclairages conceptuels qu’il vise. Il s’avère particulièrement précieux pour qui veut appréhender d’un point de vue philosophique les débats et les problèmes actuels qui portent sur la citoyenneté, l’identité, ou la transmission. La raison, le progrès, l’égalité et le citoyen prennent consistance sous l’angle de la théorie de l’Instruction publique conduite par Condorcet. Tout commence par un problème que le philosophe s’engage à relever dans le contexte de la Révolution française : comment concilier suffrage et vérité ? C’est le Condorcet législateur qui s’affirme alors : « convaincu que le peuple, dans son extension, peut manifester un rapport à la vérité » (p. 23), le philosophe n’aura de cesse à travers ses écrits de définir le trait majeur du citoyen, autrement dit d’un point de vue juridique, le droit à la connaissance. Il s’agit de « faire des lois qui garantissent le droit » (p. 229) au savoir. Réfractaire au modèle de l’« oligarchie éclairée », Condorcet défend en effet qu’« un peuple républicain ne sera vraiment libre et souverain que si la raison savante devient populaire ». En résulte le rôle capital de l’école puisque « le paradoxe fondamental de la coïncidence entre la vérité et la pluralité des voix est subordonné à la circularité qui rattache mutuellement la forme des décisions et les lumières de ceux qui les prennent » (p. 29). Cette théorie s’adosse ainsi à la tradition selon laquelle la justice et la vérité, le bien et le vrai sont liés. Dès lors l’alliance entre droit et connaissance permet de répondre à une injustice majeure, énoncée par Catherine Kintzler : « Il n’y a rien de pire que de ne pas satisfaire le talent d’un homme, de l’empêcher de donner toute sa mesure » (p. 216). En découle, en effet, le ressentiment, pendant inverse de l’estime de soi-même et du respect d’autrui. Aussi convient-il de n’opposer aucune limite au droit à la connaissance. De sorte que s’impose une saisie précise des concepts de raison, d’égalité et de progrès.

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